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You Are Here: Home » Finance, French, News » Un énorme pilier du monde de la finance s’est effondré

L’agence de notation Moody’s a octroyé le AAA, meilleure note possible, à la dette des USA en 1917.
Standard & Poors, une autre agence de notation étasunienne, a mis fin à cette excellence de la dette US le vendredi 05 août 2011.
Si beaucoup de personnes, après avoir lu cet article ou sans l’avoir lu, oublieront rapidement l’année 1917 pour la dette US, beaucoup de monde risque de se souvenir longtemps du jour où un énorme pilier de la finance s’est effondré avec la perte du fameux AAA par la dette US.
La dette de l’Empire se doit d’être la meilleure qui soit. Un Empereur pourrait-il maintenir longtemps son pouvoir s’il perd son crédit vis-à-vis du monde entier ?
L’abaissement de la notation de la dette US n’est pas un détail de l’histoire, c’est le début de la fin de l’Empire US et de sa domination sur le reste du monde.
En écrivant cet article le dimanche 07 août 2011, il est impossible de dire jusqu’où la planète finance va s’enfoncer demain, après demain et où elle sera d’ici un ou trois mois. Si, à cette heure, la question soulève quelques inquiétudes, ce n’est pas le court terme qui est le plus important, même si un krach majeur n’est pas à écarter du tout. L’important est : quelles sont les conséquences à moyen et long terme de ce bouleversement ?
Conséquences économiques internes
Cet abaissement de la qualité de la dette US va obliger nombre d’arbitrages, d’appels de marge de garantie, etc. qui, en faisant baisser la valeur des dettes US vont mécaniquement faire monter les taux de cette dette.
Cette hausse des taux va avoir plusieurs effets majeurs :
– une augmentation du coût de la dette US qui va creuser plus encore le déficit budgétaire plus un effet identique sur les dettes de chacun des Etats fédérés et des collectivités déjà endettées jusqu’aux yeux et réduisant leurs services aux citoyens
– une augmentation de l’ensemble des taux en USD avec les conséquences sur la consommation des ménages (donc la croissance), l’endettement des consommateurs (encore plus de forclosures) et les résultats des entreprises (hausse des coûts financiers et baisse des bénéfices).
Entre autre effets, les prix de l’immobilier devraient encore subir une correction baissière, la croissance devrait encore se ramollir sinon disparaître au profit de la déflation, les recettes fiscales devraient encore baisser et augmenter le déficit budgétaire lequel obligera à de nouvelles et très sérieuses coupes budgétaires pour éviter la poursuite de l’addiction à la dette.
Bref, la situation interne n’est pas brillante et sa gestion relève de la gageure dans le climat politique interne entre républicains, démocrates et membres du tea party.

Conséquences économiques externes
La crise de la dette US va avoir un effet direct sur des dettes étrangères garanties par les Etats Unis, à savoir certaines dettes émises par l’Egypte et Israël.
La question des dettes européennes risque de revenir immédiatement sur la table. Avec des pays tels l’Italie et l’Espagne, il n’est pas question de quelques dissensions puis d’une réconciliation publique sur un plan en demi-teinte. Ici les morceaux sont trop gros et le plus grand commun dénominateur des intérêts individuels insuffisant pour sauver les dettes de ces pays.
Si les marchés mettent ces dettes sous pression, les taux de ces dettes vont exploser, ils sont déjà quasi à 7%, seuil au-delà duquel une dette n’est plus supportable à ce niveau d’endettement.
Quid alors du défaut ? Quid aussitôt des bilans des banques et autres institutionnels européens ?
Une crise systémique c’est une crise qui met en péril tous les éléments du système, les uns, par leur chute, faisant tomber les autres et ainsi de suite.
Soit un défaut de l’Italie. Les banques et institutionnels français détenant 50% de la dette extérieure italienne, ils doivent répercuter ces pertes dans leurs bilans qui montrent l’insuffisance de fonds propres (de vrais stress tests cette fois). C’est le risque de faillite immédiate des institutionnels français. Le France ne peut se permettre. Elle nationalise immédiatement tous ses institutionnels défaillants et ils sont nombreux (les USA nous ont montré l’exemple avec Fanny Mae, Freddy Mac, AIG, etc.). Cette charge est trop importante pour l’Etat français. Les marchés mettent la dette française sous pression. La France résiste mais doit finir par accepter de faire défaut. Aussitôt ce sont les bilans des banques allemandes qui chauffent, etc. Voici une crise systémique. La question n’est pas si elle viendra mais quand ?
L’abaissement de la note de la dette US va aussi faire se poser la question de la capacité des USA à rembourser le principal (capital) de cette dette. La réponse risque d’être douloureuse face à un déficit budgétaire de plus de 9% en 2011, une croissance atone si elle survit à ce séisme et un pilotage à vue des USA pour encore 18 mois.
Conséquences politiques
La suprématie de l’Empire étasunien repose sur sa force militaire, sa monnaie qui permet de régler tous les échanges du commerce mondial et sa dette qui était, jusqu’ici, considérée comme le placement ultime en matière de sécurité.
La qualité de la dette vient d’être mise en cause, c’est l’un des trois piliers qui vient de s’effondrer. Il risque de couter très cher aux détenteurs des bons du trésor US parmi lesquels la Chine, avec 1.100 milliards de USD) est le plus important de tous. Si la valeur de la dette US baisse de 1% (ce qui ne serait pas étonnant) la Chine perdra aussitôt 11 milliards de USD.
La Chine, la Russie et nombre d’autres détenteurs de bons du trésor US vont s’engouffrer dans la brèche créée dans l’Empire US par la chute du premier pilier pour revendiquer un assainissement des finances publiques des USA. Le poste le plus visé sera les dépenses militaires. Oui, les USA vont devoir revoir drastiquement leurs dépenses militaires à la baisse. Ceci fera vaciller le deuxième pilier de la puissance US.
Enfin, de nombreux pays, dont tous les BRICS, n’attendent, depuis plusieurs années, que l’occasion de remplacer le USD par une autre devise de règlement du commerce mondial pour ne plus être à la merci de la politique monétaire US. Voici l’occasion attendue pour faire vaciller ce dernier pilier de la force US qu’est le USD.
Conclusion
Le moins que l’on puisse dire c’est que ce A qui vient de tomber de la notation de la dette US va être pour la finance ce que les avions pilotés par des kamikazes d’Al Quaida ont été pour la sécurité du monde.
Il y aura un avant et un après !
Roger Greden 07/08/2011

1 Comment

  1. kardelen says:

    Juste pour dire que ce n’est pas al quaïda qui à commis les attentat du 11 septembre mais la CIA et le Mossad!

    I just want to say that it’s CIA and Mossad that comitted the september 11 plane crash! They are the terrorists, they’ ve always been

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