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You Are Here: Home » Finance, French, News » Qu’est ce qui pourrait faire monter les marchés boursiers ?

Bientôt trois semaines de baisse quasi ininterrompue et toujours la peur du lendemain. Ce « bear rally » estival est-il une saine consolidation nécessaire, est-il l’annonce d’un lundi ou mardi ou mercredi ou jeudi ou vendredi noir ou carrément le signe de la mise à mort d’un système en déliquescence par excès d’un capitalisme dur, brutal et corrompu ?

Cette très sérieuse correction est la conséquence de la prise de conscience, par nombre d’investisseurs, que la reprise économique, annoncée depuis le second trimestre 2009 par les dirigeants occidentaux, n’est que le fruit de l’injection massive, par les Etats et les banques centrales, de drogues financières telles que, des taux artificiellement bas, une création monétaire gigantesque, des interventions hors normes et hors limites des banques centrales et autres mesures associées.
Ces mesures n’ont pas eu d’effets positifs durables sur l’économie mais surtout elles ont ruiné des Etats déjà très endettés et transformé nos banques centrales en ‘bad banks’.
Les investisseurs ont commencé par douter de la croissance annoncée, puis ils ont remis en cause l’évolution positive attendue des profits des entreprises.

Beaucoup d’investisseurs, habituellement « bullish », se sont retrouvés ‘groggy’ par l’annonce faite le 05 août 2011 (date historique) par Standard & Poors, de l’abaissement de la note de la dette fédérale US. Ils ont soudain pris conscience que ce qu’ils croyaient le pilier de la finance mondiale, la dette de l’Empire, le refuge ultime (hormis l’or), s’était effondré. Depuis le 05 août 2011, nombre d’investisseurs ont commencé à prendre conscience de l’énormité des dettes des Etats et de la possibilité qu’elles puissent ne jamais être remboursées. Jusque là, l’Irlande, la Grèce, le Portugal et quelques autres petits pays n’étaient que des nains en difficultés mais lorsque les géants vacillent, là c’est une autre affaire.

Ces investisseurs n’ont pas mis longtemps à comprendre que si les taux montent, la charge financière de la dette pour les Etats concernés, ajoutée à une moindre collecte d’impôts dû à l’absence de croissance durable voire à un retour à la récession, allaient compromettre toutes possibilité de remboursement de leurs dettes par les Etats surendettés. Ils ont vite compris que ceci allait avoir des effets dévastateurs sur les bilans des banques et autres institutionnels.
Tous ces éléments mettent le feu au marchés boursiers tout comme la hausse des matières premières alimentaires à mis le feu aux dictatures du moyen orient, tout comme l’écart de richesse inacceptable entre les plus fortunés et les pauvres en Angleterre ont mis le feu aux villes anglaises.

Les gesticulations contradictoires, tardives et insuffisantes des dirigeants politiques européens ajoutées aux disputes pré-électorales entre démocrates, républicains et membres du tea party aux USA ne sont pas de nature à rendre les investisseurs confiants. Ajoutons à ce cocktail « Molotoff » un discours stupide du Président Obama qui casse le thermomètre (nous n’avons pas besoin des agences de notation !) et prétend connaître les remèdes (pourquoi ne les a-t-il pas déjà appliqués ?) au lieu de tenir un discours de combat appelant chaque citoyen à se mobiliser pour sauver l’Amérique, et nous obtenons une décrédibilisation de l’ensemble des dirigeants politiques en ce compris l’inénarrable Monsieur Sylvio Berlusconi dont la dette du pays mérite un BBB (Berlusconi Bunga Bunga !).

Dans ce marasme des pays occidentaux, qui ne manquera de se répercuter sur les pays émergents (fournisseurs), il n’y a pas vraiment de nouvelles fondamentales qui soit de nature à faire durablement remonter les marchés boursiers.
Par contre, la différence entre une pierre et une action d’une entreprise de qualité c’est que lorsque les deux tombent, l’action ne tombe jamais jusqu’au sol, il y a toujours une main habile pour l’acheter au bon moment et profiter du rebond technique et normal d’une valeur trop dévalorisée.
La seule chose qui puisse faire remonter, à court terme, les marchés boursiers, c’est une reprise technique sur les titres de qualité cotés à prix bradés.
A long terme, nous sommes entrés dans un marché baissier et nul ne sait où il s’arrêtera, ni quand.
Pour mémoire, après la crise de 1929, c’est en 1932 que le Dow Jones, après une perte de 90%, a atteint son point bas. Le point le plus haut d’avant la crise de 1929 n’a été dépassé qu’en 1954, bien après la guerre.

Roger Greden
10/08/2011

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